• BAUDENS Pauline

Comment réduire les conflits dans votre boîte ?



Qui ne redoute pas que son lieu de travail se transforme en champ de bataille de collégiens qui se crêpent le chignon à longueur de journée, où les rumeurs vont bon train et où les humiliations et les affrontements sont quotidiens ? J’exagère, cependant il est prouvé que les conflits qui dégénèrent sont une cause majeure de stresse dans le milieu professionnel.


Dans cet article, je vous propose de découvrir trois solutions pour efficacement anticiper les conflits avant même qu'ils ne surviennent, et ainsi éviter les prises de becs et les noms d'oiseaux qui s’ensuivent !


Ces solutions se concentrent sur l'origine des conflits : le moment de la petite blague pas appréciée, du commentaire déplacé, de l'oubli, etc. qui peuvent parfois être mal vécu sans que l'autre ne s'en rende compte ! Après tout, nous avons tous notre propre sensibilité ! L'important est d'apprendre à exprimer notre ressenti.



3 solutions à faire adopter à vos collègues pour anticiper les conflits


Il y a deux sortes de conflits internes en entreprise :

  1. Le conflit individuel qui concerne principalement deux personnes, rarement plus.

  2. Le conflit collectif qui oppose des partis au sein d’une équipe ou entre plusieurs équipes.

Je propose principalement trois solutions qui sont présentées dans le schéma ci-dessous et dans la suite de l’article.


Pour anticiper les conflits, il faut au préalable préparer le terrain. L’idée n’est pas d’éviter les conflits, les confrontations étant indispensables, mais de les rendre enrichissants.


Dans les équipes où la confiance entre les membres règne, au même titre que l’honnêteté, les désaccords et les mésententes se résolvent avec des confrontations pleines de respect et d’empathie. Ils ne dégénèrent pas, mais plutôt enrichissent les relations.


Il faut donc renforcer, ou créer en partant de zéro, cette relation de confiance entre vous et vos collègues par des rituels répétés et en multipliant les échanges.



1. Prenez l’habitude de faire des retours


Oser faire des retours d’expérience honnêtes entre collègues permet d’irradier et d’empêcher la création de conflits interpersonnels.


Je vous renvoie à l’article Comment oser communiquer pour résoudre un malentendu ? qui traite de ce sujet plus en détail.


Si vous vous sentez blessé suite au comportement de l’un de vos collègues ou de votre manager, demandez-lui une entrevue rapide et expliquez-lui votre problème en essayant d’utiliser la méthode de la non-violence expliquée ci-dessous. N’attendez pas de cumuler trop de petites « blessures » et de détester la personne pour réagir. Dites-lui ce que vous ressentez et ayez une écoute active sur ses réponses. Ce processus est essentiel pour éviter des incompréhensions qui se cumulent, perdurent pour finalement se transformer en haine et en conflit d’ordre personnel.


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La méthode de la non-violence est décrite par Marshall B. ROSENBERG dans son livre La communication non violente: Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs).


Cette méthode consiste en l’adoption d’une certaine manière de s’exprimer pour faire comprendre à l’autre son mécontentement sans le brusquer, l’accuser ou l’humilier. Pour formuler le message difficile, voilà la formule miracle qui marche à presque tous les coups :

  1. Partez d’une observation

  2. ...qui vous fait éprouver un sentiment

  3. …face au besoin que vous avez…

  4. ...et terminez en exprimant une demande


Par exemple vous dites à vos collègues : « Vous discutez (observation), je me sens stressé (sentiment), car le bruit me déconcentre. J’ai besoin de calme pour finir la relecture de mon rapport que je dois avoir fini aujourd’hui (besoin). Pourriez-vous aller dans la cuisine pour discuter, s’il vous plait ? (demande) »


Faites attention de ne pas mettre de jugement dans la formule, au risque de rater votre coup.


J’ai découvert cette méthode récemment et je dois dire que je suis bluffée. Moi-même je suis en plein apprentissage de cette méthode. Lorsque vous débutez, la communication non-violente est difficile à appliquer surtout parce que l’enchaînement des phrases ne se fait pas naturellement. Comprenez que c’est le jugement et la critique qui irritent les autres. Lorsque nous sommes ennuyé par quelque chose causé par quelqu’un, il faut apprendre à le lui dire avec tact sans l’accuser, mais plutôt en partageant nos émotions qui sont liés à nos besoins qui n’ont pas été assouvis du fait de l’action de l’autre. Voilà un conseil facile à comprendre, difficile à mettre en place correctement au quotidien mais extrêmement utile dans le domaine des relations humaines.

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Aussi, si le problème est entre vous et une autre personne, n’en débattez jamais, au grand jamais, en public. Soyez discret, et réservez une salle de réunion ou si vous êtes en télétravail, faite-le au téléphone entre vous. Il n’y a que si le problème est vraiment grave, que le conflit dégénère, qu’il faut faire appel à une tierce personne pour modérer les échanges. Si vous critiquez le travail ou le comportement d’une personne en face d’autres, vous avez 99% de chance de braquer et d'énerver cette personne.



2. Organisez des conseils d’équipe chaque semaine


Il m’est arrivé d’avoir des conflits de groupe, où les coéquipiers se critiquent ou critiquent d’autres collègues, voire se disputent comme des enfants et n’arrivent pas à prendre de décisions pour le groupe.


Pour anticiper les conflits de groupe qui handicapent surtout lorsqu’ils s’accompagnent de ragots, de rapportages et d’enfantillages en tout genre, mettez en place un conseil d’équipe. Un conseil d'équipe est une réunion comme son nom l'indique d'équipe où chacun donne son avis sur le travail en cours et sur ce qui pourrait être amélioré, puis se remet individuellement en question. Cela signifie que tour-à-tour chacun :

  1. fait une critique constructive des processus, du travail d’équipe, etc. La critique peut-être positive ou négative. L’important est quelle soit dite en toute honnêteté.

  2. dit ce qu’il a réussi, ce qu’il a manqué et ce qu’il pourrait mieux faire la prochaine fois.

  3. L’équipe commente et confirme ou contredit toujours avec tact !


Pour être efficace, il faut fréquemment tenir cette réunion. L’idéal serait de tenir un conseil d’équipe toutes les semaines, au pire toutes les trois semaines. Aussi, assurez-vous que lors de ces réunions la parole est donnée à tous.


En groupe aussi, l’usage de la communication non-violente est un bon outil pour éviter de montrer du doigt, de brusquer, d’offenser et de créer des animosités au sein de l’équipe.


Si tout le monde joue le jeu et s’exprime avec honnêteté devant les autres assumant ses vulnérabilités et ses erreurs, la confiance en l’équipe grandit.


Voilà comment la réunion pourrait se dérouler :


C’est au tour de Charlotte de prendre la parole.


  1. Charlotte s’exprime sur le travail de groupe. Elle annonce : « Je suis heureuse que cette semaine nous ayons préparé et fini l’ensemble de la documentation sur tous nos projets. Cependant, je pense que nous pouvons nous améliorer sur l’esprit d’équipe car j’ai l’impression que nous sommes trop individuels. »

  2. Charlotte décrit son travail. Elle dit : « Cette semaine, j’ai réussi à finir d’analyser les données A pour l’étude B, puis j’ai donné ma première conférence mardi. Par contre, je dois m’améliorer sur la ponctualité car j’ai dépassé la date limite pour répondre à l’appel d’offre. J’aurais dû m’appuyer davantage sur vous mais je n’ai pas osé vous demander car vous aviez l’air tous très occupé. Je dois donc m’améliorer sur la coopération. »

  3. Les coéquipiers de Charlotte interviennent et commentent. C’est Mario qui commence : « Je suis d’accord avec tout ce que tu as dit. Félicitation pour la conférence. Je suis d’accord pour le manque de coopération. N’hésites pas à nous demander de l’aide et à insister. » […]


Les conflits non constructifs peuvent tout simplement être évités en instaurant un système de suivi des coéquipiers, de leurs sentiments et de leurs besoins actuels. C’est lors de ces réunions que tout se dit. Cela permet d’anticiper les conflits en les réglant avant même qu’ils surgissent.


En adoptant cette stratégie, vous évitez de perdre du temps dans des confrontations interminables et destructrices dans le futur. Chacun gagne en confiance envers l’autre. Tous les avis sont entendus. Ainsi, les décisions peuvent être prises en connaissance de cause. Vous facilitez de la même manière la prise de décision collective.



3.1 Faites des activités communes régulièrement


En faisant des activités entre collègues en dehors du cadre professionnel, vous stimulez l’entente mais aussi et surtout l’esprit d’équipe. Les collègues apprennent à se connaître. Vous vous apercevez alors qu’untel adore la cuisine, qu’un autre est un fervent défenseur des libertés et que Sébastien est bien plus sympa qu’au bureau. C’est en apprenant à vous connaître que vous oserez davantage vous dire les choses de manière honnête mais aussi respectueuse. Cela vous aidera à souder l’équipe et facilitera l’échange de retours d’expérience.


Voici quelques idées d’activités à organiser : Afterwork, piqueniques (pourquoi pas les faires en ligne ?), cours de yoga (possible à faire en ligne), cuisine en ligne ensemble, mais aussi et surtout : Faites des Happy Games !



3.2 Les Happy Games, un très bon exemple d’activités communes


Jouer à des jeux sympas et coopératifs avec les collègues apportent beaucoup de bénéfices. En effet, les jeux permettent de stimuler l’esprit d’équipe et donc la confiance, de détendre mais aussi d’apprendre. Ainsi, organisez des jeux pour apprendre à donner des retours d’expériences positifs et négatifs par exemple en utilisant la communication non violente. Cela permettra à vous et vos collègues de bien comprendre l’importance de mieux communiquer et de se montrer respectueux envers chacun.


Si vous n’êtes pas convaincu des bienfaits de jouer, lisait l’article Jouer en entreprise, est-ce bien sérieux ?


Bien entendu, organiser des Happy Games ne résout pas les conflits. Cependant, ils participent à les anticiper et à mieux les contrôler, surtout si vous faites jouer vos collègues à des jeux participants à développer leur compétence en communication.


Chez Work in Happiness nous avons inventé un petit jeu pour vous apprendre à utiliser la communication non violente, car je vous l’accorde, ce n’est pas évident ! Les principes sont faciles à comprendre mais les mettre en application est une toute autre histoire ! Téléchargez le jeu ICI. Testez-le sur vos collègues et surtout donnez-nous-en des nouvelles !



Prenez conscience qu’en réglant les petits problèmes aujourd’hui, ils s’effaceront pour toujours. En ne les réglant pas et donc en les évitant, ils risquent de devenir gros, peut-être très gros ! C’est pour cela qu’il est important que vous mettiez en place les actions décrites dans cet article, à savoir : l’habitude de donner des retours d’expérience, les conseils d’équipe et les activités communes. D’ailleurs, s’il y avait une chose que vous devriez retenir dans cet article, ce serait la mise en place du conseil d’équipe chaque semaine, ou au moins toutes les trois semaines. Demandez à votre manager et équipe de tester ce système. Impliquez-vous dans votre entreprise et aidez vos collègues et vous-même à anticiper les conflits. Plus tard, c’est certain, vous serez remercié pour la cohésion de groupe dont vous serez à l’origine, la bonne entente et la baisse des conflits. Devenez acteur du bonheur !


Pour tester notre jeu et apprendre à utiliser la communication non violente cliquez ICI.



Référence :


Marshall B. ROSENBERG, La communication non violente : Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs), édition La découverte, 17 septembre 2004.


Kim SCOTT, Radical Candor, March 14, 2017.